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Conseils de lectures sur les rêves

Quelque soit le sujet qui nous intéresse, il n’est jamais évident de trouver des sources d’informations sûres lorsqu’on ne connaît pas de spécialistes de ce sujet. Il s’écrit une quantité monstrueuse de livres dans tous les domaines possibles, mais le milieu de l’édition se garde bien de produire des outils qui permettraient aux lecteurs de juger de la qualité d’un livre avant de l’acheter. On se fie aux noms des auteurs, aux échos dans les journaux etc. mais comme le grand public n’a jamais accès aux avis des spécialistes, ces informations sont toujours trompeuses. Pour preuve, le succès commercial immense de Sapiens, de Harari, dont les spécialistes ne disent pas beaucoup de bien.

S’il y a un domaine ou cela est encore plus vrai, c’est celui de l’étude des rêves. La quantité de bouse qui se publie sur les rêves et ahurissante. Il y a d’excellent bouquin, mais il n’est pas facile de les trouver, tant ils se perdent dans la masse informe des bouquins new ages ou d’inspiration psychanalytique. Heureusement, j’ai une connaissance qui bosse dans le domaine et sur ces conseils, j’ai pu trouver plusieurs livres de qualité qui permettent d’avoir accès à une masse d’information fiable et à jour. Je me permets donc de vous partager cette liste de lecture si jamais ce sujet vous intéresse.

La meilleure introduction disponible en français, c’est le livre de Isabelle Arnulf, Une fenêtre sur les rêves. Arnulf est une neurologue spécialiste du sommeil et des rêves et son livre offre une première approche accessible et ludique. Un plaisir à lire.

Pour une bonne introduction grand public en anglais, facile à lire, quoiqu’un peu orientée et qui commence à dater, on peut consulter Dreaming: A Very Short Introduction, de J. A. Hobson.

La meilleure introduction pour public averti, et probablement le bouquin le plus complet disponible actuellement : The Emergence of Dreaming, de G. W. Domhoff. Publié en 2017, cet ouvrage fait le tour de la méthodologie, des résultats et des théories qui viennent alimenter les travaux scientifique sur les rêves. C’est une somme tout à fait impressionnante.

Pour continuer à creuser le sujet, vous pouvez aller consulter ces 3 autres ouvrages :

L’interprétation sociologique des rêves, de B. Lahire. Lahire est un sociologue qui tente de développer une approche sociologique des rêves à la fois afin de les interpreter, mais aussi de les utiliser comme matériaux de travail pour les sociologues. L’idée est intriguante et nouvelle, mais elle à le mérite de donner à penser.

The Neuroscience of Sleep and Dreams, de P. McNamara. Ce livre fait partie d’une collection qui présente l’état de nos connaissances neurologique dans un domaine donné. Le volume sur l’intelligence était particulièrement interessant. C’est aride, mais cela permet d’avoir les bases.

The Nature and Function of Dreaming, de E. Hartmann. Ce livre offre une théorie de l’interprétation des rêves tout à fait fascinante qui repose sur deux idées simple : la nature émotionnelle de notre vie rêvée et l’importance de la métaphore dans notre vie mentale. Hartman défend l’idée que nos rêves sont habités par nos émotions qui se donnent à voir par le biais de métaphores.

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Tant de livres et si peu de temps

Cela va faire maintenant près de 2 mois que j’ai commencé ce projet de longue haleine, complètement débile, de lire au moins un ouvrage d’un des auteurs de la liste des 100 plus grands auteurs de l’humanité de Tanner Greer. Je me suis fixé 5 ans, mais plus je prends le temps de me familiariser avec la liste, plus je me dis que c’est peut-être juste un peu ambitieux, pas beaucoup, mais quand même un peu.

Après tout, il y a bon nombre des ces ouvrages qui font plus de mille pages, jusque là tout va bien. Le Mahabharata (que je lirais bien évidemment dans son entièreté, oui. Si, si ! D’ailleurs je l’ai déjà commandé, dans sa traduction par Bibek Debroy) fait “juste” 6000 pages. Une pacotille ! Un rapide décompte, à la louche, du nombre complet de pages à lire me donne une estimation entre 50,000 et 60,000 pages. Ca fait environ 250-300 pages par semaines. Là comme ça, je me suis dit ouf, mais en fait, ça correspond déjà à ce que je lis par semaine depuis plusieurs années.

Le problème c’est que je veux pas arrêter de lire autre chose à côté. Il y à plusieurs centaines de livres non lus sur mes étagères (sans compter ceux qui dorment sur mon disque dur). En ce moment, je lis des bouquins géniaux sur les rêves et sur la guerre. J’ai plein de chose à lire en psychologie, en histoire, en anthropologie.

Quoi qu’il en soit, le projet avance. Je viens d’achever le premier volume de Dream of the Red Chambers, de Cao Xueqin (The Story of the Stone, dans sa traduction anglaise). C’était magique de se plonger dans une description si vivante de la Chine des Qing. Je tenterai d’en parler un peu plus sous peu. Il ne me reste plus qu’une partie avant de finir Crime et Châtiment. À la recherche du temps perdu, en revanche, n’avance pour le moment que très peu. Je m’y remettrai lorsque je tournerai la page Dostoïevsky. En attendant, je picore, en plus, par si par là, un peu de Hafez.

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Projet de lecture : 5 ans pour lire les 100 plus grands auteurs de l’humanité

Je ne suis pas un grand lecteur de roman. J’ai adoré, plus jeune, lire toutes sortes de roman. Je n’ai jamais vraiment été amateur de grande littérature. Je crois que je n’ai jamais lu les romans ou extraits de romans qui nous étaient assignés à l’école, exception faite du Grand Meaulne et de l’Étranger. Je préférai la science fiction et les bandes dessinées. Mais j’ai malgré ça toujours été un grand lecteur. Une vie sans lecture m’a toujours paru vide. Au début des années 2000, j’ai eu une révélation avec La Fin de l’histoire de Francis Fukuyama, le premier essai que j’ai lu. Je n’ai pas arrêté depuis. Je lis toujours peu de romans, mais toujours plus d’essais.

En murissant toutefois, je me rends bien compte qu’il me manque quelque chose. J’ai pris lentement conscience que la somme des connaissances que j’accumule, reste en quelque sorte rangée dans des coins de mon cerveau comme des pelotes de laine, à prendre la poussière. Cette prise de conscience, je la dois à deux choses.

D’abord à ma lecture de Taleb et à la découverte du Lindy Effect, c’est-à-dire l’idée que la durée de vie future de quelque chose est proportionnelle à son âge. Plus quelque chose est vieux, plus cette chose à des chances de rester en vie encore longtemps. Appliquée à la littérature, cela revient, en quelque sorte, à dire que plus une oeuvre passe le test du temps, plus elle est riche. Il y a donc certainement beaucoup de chose à apprendre dans les essais qui sont publiés aujourd’hui, mais rien qui n’ait déjà été dit, probablement en mieux, dans les oeuvres des grands auteurs.

Il y a eu ensuite la réforme du lycée en France, qui m’a imposée de devoir enseigner une nouvelle matière, les humanités, en collaboration avec une collègue prof de lettre. Qui dit nouvelle matière, dit promotion auprès des élèves pour les attirer. Il a donc fallu que je prennes le temps de réfléchir plus sérieusement que je ne l’avais fait jusque là, à la relation entre littérature et philosophie. Et c’est là que j’ai compris que si la philosophie et la science offrent à leurs lecteurs des quantités astronomiques de connaissances et de savoir divers, des fils et de pelotes de laines, c’est la littérature qui permet de tisser et de coudre des tapisseries qui rendent intelligibles cette masse informe.

Et petit à petit est donc né un désir d’aller lire cette littérature que j’avais ignorée. Ce désir s’est transformé en projet de grand ampleur au cours des derniers mois, d’abord à la suite de la pandémie, qui m’a permis de voir que je disposais, finalement, de beaucoup de temps. Mais surtout grâce à la publication d’un billet de blog de Tanner Greer intitulé A Non-Western Canon: What Would a List of Humanity’s 100 Greatest Writers Look Like? . Le titre du billet est tout à fait explicite, Greer s’est proposé de faire la liste des 100 plus grands auteurs de l’humanité, en ne se limitant pas simplement à l’Occident, mais en distinguant 4 aires géographico-culturelles (les aires occidentales, chinoise, indienne et arabe) et en offrant pour chacune des ces aires entre 20 et 30 auteurs. J’adore ce genre de projet, je trouve la démarche tout à fait fondée. J’imagine qu’il existe bien des tristes sires pour trouver cela complètement absurde, mais je ne crois pas que l’on puisse reprocher sérieusement à Greer que la liste qu’il propose ne regroupe pas 100 des plus grands auteurs de l’humanité. On peut, certes, discuter de certains détails (pourquoi Balzac, plutôt que Zola ou Stendhal ? Pourquoi est-ce qu’on ne retrouve pas sur sa liste Les trois royaumes ? Comment justifier l’absence des Kama Sutra ?) mais sur le fond, et dans l’ensemble, la liste que propose Greer me semble tout à fait juste.

Afin donc de tenter de faire quelque chose de toutes les pelotes de laines que j’ai accumulées au cours des années, j’ai décidé, aidé par une amie, de m’attaquer à cette liste. J’ai l’intention, au cours des 5 prochaines années de lire au moins une oeuvre de chacun des auteurs de sa liste. Sur les 91 entrées qu’elle comporte (Greer a laissé quelques trous), je dois avouer que j’ai déjà lu (seulement 🙁 ) 21 auteurs (dans leur immense majorité tiré de la liste occidentale). Je compte toutefois lire pour chacun de ceux que j’ai déjà lu, soit une autre de leurs oeuvres, soit la même.

Ce projet est maintenant commencé depuis près d’un mois. Et comme je n’aime pas faire les choses à moitié, j’ai fait le choix de m’attaquer à 3 oeuvres en même temps, et pas n’importe lesquelles, il s’agit de 3 romans monumentaux: Le rêve dans le pavillon rouge, de Cao Xueqin, À la recherche du temps perdu, de Proust, et Crime et Châtiment, de Dostoievsky. Si j’ai le courage, je ferais des retours de mes lectures sur ce blog.

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Mes lectures de 2020

Mon top 10 de l’année
Cognitive Gadget, by C. Hayes
Personality, by D. Nettle
Not Born Yesterday, by H. Mercier
The Cultural Revolution, by F. Dikotter
Origins of Human Communication, by M. Tomasello
The WEIRDest People in the World, by J. Henrich
The Stuff of Thought, by S. Pinker
G is for Genes, by K. Ashbury and R. Plomin
The Case Against Education, by B. Caplan
Plagues and People, by W. McNeill

Histoire et littérature de l’antiquité:
Thèbes : La naissance d’un empire, de Claire Lalouette
What happened in Prehistory, by P. Peregrine
Brotherhood of Kings, by A. Podany
Village Life in Ancient Egypt, by A. G. McDowell
Mesopotamia, G. Leick
Cette liste est la suite d’un programme de lecture plus large entamé en 2019 et qui sera continué en 2021

Roman:
L’idiot, Tome 2, de F. Dostoïevsky
L’ordre du jour, de E. Vuillard
Ancillary Mercy, by A. Leckie
Utopia Avenue, by D. Mitchell
Lekhaim, by M. Zipora

Psychologie:
Transcend: The New Science of Self Actualization, by S. Barry-Kauffman
Unfuckology, by A. Alkon
Intelligence: A Very Short Introduction, by I. Deary
Flourish, by M. Seligman
Not Born Yesterday, by H. Mercier
Personality, by D. Nettle
Inventing Ourselves, S. Blakemore
The Other Side of Happiness, by B. Bastian
The Origins of You, by J. Belsky
The Gardener and the Carpenter, by A. Gopnick
The Nurture Assumption, by J. Rich-Harris
Man’s Search for Meaning, by V. Frankl
Upside, by J. Rendon
The Art and Science of Personality Developpement, by D. McAdams

Cultural Evolution
Cognitive Gadget, by C. Hayes
The Secret of our Success, by J. Henrich
The WEIRDest People in the World, by J. Henrich

Education:
Free-Range Kids, by L. Skenazy
G is for Genes, by K. Ashbury and R. Plomin
Les lois naturelles de l’enfant, de C. Alvarez
Sociologie de l’éducation, de P. Rayou
The Case Against Education, by B. Caplan

Pandémie:
Viruses: A Very Short Introduction, by D. Crawford
The Great Influenza, by J. Barry
Epidemiology: A Very Short Introduction, by R. Saracci
Plagues and People, by W. McNeill

Language:
Origins of Human Communication, by M. Tomasello
Language: The Cultural Tool, by D. Everett
The Stuff of Thought, by S. Pinker
How You Say It, by K. Kinzler
Cette liste est la fin d’un programme de lecture plus large entamé en 2019 et qui sera continué en 2021

Divers:
The Cultural Revolution, by F. Dikotter
Science Fictions, by S. Ritchie
The Unity of Consciousness, T. Bayne
The Psychobiotic Revolution, by S. Anderson, J. Cryan and T. Dinan

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Flourish, de Seligman

J’ai commencé il y a quelques temps une séquence de lecture sur le bonheur et de manière plus générale sur le développement personnel. Le bonheur est au programme en philo en Terminale, et la “recherche du soi” est le thème du premier semestre de Terminale en HLP, et ce sont des sujets qui m’interesse en plus. Je fais d’une pierre deux coup. Bref, je commence à avoir lu pas mal sur la question, mais je n’avais rien lu de Seligman qui est le père de la psychologie positive et des études sur le bonheur. J’étais donc assez excité de lire Flourish, qui semblait promettre une synthèse des recherches du début des années 2000 (le livre date de 2011, il a donc été écrit avant la crise de la reproductibilité et doit nécessairement être pris avec des pincettes). Malheureusement, ce n’est pas le cas. Le livre est en fait plutôt une sorte de biographie intellectuelle de Seligman. Il y présente tout ce qu’il a fait pour que la psychologie positive se développe, comment elle a été implémentée dans l’armée, dans certaines écoles. Ce n’est certes pas ininteressant, mais pas du tout ce que je voulais lire.

Les choses vraiment interessantes ne sont présentées qu’en passant. Seligman évoque ainsi au début la distinction entre ce qu’il appelle le bonheur authentique, une approche plus pauvre selon lui, et sa nouvelle théorie, la théorie du bien-être, qui prend plus d’aspects du bonheur en compte. La première approche ne prend en compte que trois choses : les émotions positives, l’engagement que l’on a dans les activités que l’on fait, et le sens que l’on donne à nos vies. À cela, la seconde théorie ajoute l’importance des relations positives et le sens de l’accomplissement. Le reproche que Seligman fait à l’approche du bonheur authentique (j’ai l’impression de commenter une querelle entre des courants du bouddhisme antique) c’est d’être trop concentré sur les émotions positives et de ne pas prendre en compte la totalité de ce que c’est d’être heureux. J’ai toutefois l’impression qu’ajouter deux éléments ne changera rien à la manière dont on comprends le bonheur si on ne change pas aussi la manière dont on mesure le tout. J’aurais aimé plus de détails pour savoir si mon intuition est bonne, il faudra aller voir ailleurs. Dans les prochaines semaines, j’irais voir s’il y a des choses là dessus dans le Oxford Handbook of Happiness.

Seligman, présente plusieurs autres aspects de sa théorie, mais jamais il ne rentre dans les détails. Il mentionne à plusieurs reprise ses travaux sur les vertus, sans jamais rentrer dans les détails. C’est frustrant. Heureusement que j’avais lu The Power of Character Strengths de Niemec et McGrath, qui développe très bien cet aspect là, et Transcend de Scott Barry Kaufman. Il mentionne aussi les travaux sur les traumatismes de Tedeschi, que je ne connaissais pas, Seligman y consacre une page, à peine plus. Frustrant. Il mentionne le ratio de Losada (il faudrait 5 commentaires positifs dans un couple pour contre balancé chaque commentaire négatif, par exemple.) On en saura à peine plus. Cela dit, depuis la publication du livre en 2011, ce concept a été complètement discrédité !

Bref, il y a tout plein d’informations disséminées dans le livre, mais sous une forme tellement résumé, qu’il ne sert presque à rien de le lire. C’est dommage ! Il y a tellement à dire sur le sujet.

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L’école au XXIe siècle

La question de l’éducation est une question qui devrait être centrale dans nos sociétés post-industrielle. Toutefois, elle n’occupe pas du tout la place qu’elle devrait. Je ne sais pas exactement pourquoi. Tout le monde en parle, mais c’est souvent pour ne rien dire, ou pour faire semblant. J’ai aussi l’impression que le système actuel ne résulte que dans un énorme gâchis de temps, d’argent et d’énergie. Pour le dire vite, je crois que l’école aujourd’hui ne sert pas à grand chose. C’est un constat un peu noir de la part d’un prof, petit fils de prof et arrière petit fils de prof. Je ne pense cependant pas que cela soit une fatalité, mais que c’est dû à la manière dont les systèmes d’éducation au niveau nationaux ont été organisé lorsqu’ils ont été crées au milieux du XIXe siècle.

Il y a quelques semaine à la suite d’une discussion avec mes élèves, je me suis mis au défi de monter un cours d’histoire, pour le secondaire qui en vaudrait là peine, qui serait vraiment interessant, et utile. Et puis, petit à petit, je me suis trouvé emporté par le projet, et vu le contexte de la pandémie, j’en suis venu à prendre une perspective plus large et à vouloir tenter de repenser l’école au grand complet. Comment faire en sorte que l’école puisse servir réellement à quelque chose, qu’elle soit un lieu ou l’on apprenne des choses, des choses que l’on va retenir et qui seront utiles ?

Je me suis fait une liste de lecture, à la fois en psychologie, en sociologie, en histoire et en anthropologie. C’est un projet de longue haleine. J’ai quelques intuitions sur la forme que cela prendra, mais je n’en suis qu’au début. L’idée est de parvenir à trouver un équilibre entre les connaissances scientifique dont on dispose, l’aspect socio-politico-éthique de l’école et de l’education, et la question de l’objectif de l’école et de l’éducation. Ca prendra le temps que ça prendra, mais je bien l’intention de mener ce projet à son terme.

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Le revenu universel

Quelques ressources sur ce sujet. Là encore, toujours creuser, toujours s’assurer des données et des arguments:

Livre :

Articles :

https://www.theglobeandmail.com/opinion/article-universal-basic-income-isnt-the-answer-to-the-looming-ai-job-crisis

https://mitsloan.mit.edu/ideas-made-to-matter/12-year-study-looks-effects-universal-basic-income

https://vnk.fi/en/article/-/asset_publisher/ideasta-kokeiluun-perustulokokeilun-esiselvitys-valmistui

https://jacobinmag.com/2020/03/universal-basic-income-ubi-coronavirus-covid-19-crisis

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Plastique, écologie etc.

Je viens d’avoir un débat avec mes élèves sur ces sujets et je leur ait promis des ressources qui offre un point de vue différent. En voici quelques unes. Cela dit, comme à chaque fois, il ne suffit pas de lire, il faut aussi aller regarder les sources derrières ces documents pour voir si les données sont fiables et il faut aussi s’assurer que les arguments sont bons. Il ne suffit pas de lire ces articles et d’aller en trouver qui disent l’inverse, ce qui importe ce sont les données elles-mêmes et la validité et la force des arguments.

Sur la question des pailles :

https://thebreakthrough.org/index.php/voices/grasping-at-straws

https://reason.com/2018/09/20/straw-ban-straw-man/

Sur le plastique en général :

https://www.city-journal.org/needless-panic-over-disposable-plastic

https://www.bbc.co.uk/news/amp/science-environment-51040155

https://ourworldindata.org/plastic-pollution

Sur l’écologie, le chapitre 10 de Enlightenment Now de S. Pinker

https://ourworldindata.org/co2-and-other-greenhouse-gas-emissions

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La pensée et le langage

J’ai récemment eu un échange assez chouette avec une collègue prof de lettre au sujet du rapport entre la pensée et le langage. À l’origine de l’échange, il y a une divergence d’opinions quant à l’importance de la grammaire. Évidemment, pour une prof de lettre, la grammaire c’est central. Évidemment, pour moi, prof de philo, et illettré notoire, la grammaire c’est pas trop important, voire surfait. Bon, l’avantage c’est que j’ai de mon côté des grosses pointures dans le domaine (Pinker et McWhorter, entre autres). Mais ce point est sans grande importance, car ce n’est que le point de départ de la discussion. Ce qui suit est plus intéressant. En effet, à un moment ma collègue a dit plusieurs choses qui, à mon avis, sont beaucoup plus problématiques, sur lesquelles je voudrais revenir à tête reposée, afin de pouvoir élaborer un peu mieux ce que je pense. Vers la fin de notre conversation, ma collègue a dit ceci : « Il n’y a pas d’argument sans langage pour l’articuler » et « La pensée prend sa forme dans le langage ». Il y a dans ces deux phrases deux choses que je voudrais analyser, car elles me semblent vraiment problématiques.

La première chose à remarquer c’est le vague absolu qu’il y a derrière ces deux phrases. On peut les interpréter de tellement de manières qu’elles sont, en un sens, dénuées de sens. Il s’agit d’une tendance assez naturelle dans le débat public particulièrement en France, parce qu’il est dominé par des gens qui ont une formation littéraire et qui sont peu portés à la précision sémantique. Que veut dire « articuler » ? Que veut dire « prendre sa forme » ? Le spectre des sens possible est tellement vaste qu’on pourrait imaginer que ces phrases peuvent vouloir dire quelque chose, mais aussi le contraire de cette chose. Je vais revenir sur ce point un peu plus loin.

Dans le quotidien, la pluralité sémantique des phrases et des mots est normale. La communication humaine sait se satisfaire de l’ambiguïté, car le contexte permet, la plupart du temps, de comprendre de ce dont il est question. Au quotidien, ce n’est pas une faiblesse c’est plutôt une force. Cela permet d’exprimer une multitude de choses assez subtiles et d’être compris sans avoir nécessairement à passer beaucoup de temps à trouver le mot juste. En littérature cette tendance à l’ambiguïté est centrale, car elle force le lecteur à réfléchir. Chez les grands auteurs, jouer avec l’ambiguïté est révélateur de finesse et de profondeur, alors que cela masque à peine la médiocrité des autres. Le problème, c’est que lorsque le débat public est monopolisé par des gens qui ont une formation principalement littéraire, l’utilisation de l’ambiguïté est constante, ce qui a comme conséquence qu’il est assez difficile d’identifier avec précision la position qui est défendue et de pouvoir y répondre précisément. C’est exactement ce qui s’est passé dans mon échange avec ma collègue. Il m’était impossible de savoir précisément ce qu’elle voulait dire. Cela a comme conséquence que, malheureusement, bien souvent dans les débats publics français, on peut dire des choses absolument hallucinantes, car vague !

Cela m’amène à la seconde chose dont je voudrais parler. Dans les deux phrases que j’ai mentionnées (« Il n’y a pas d’argument sans langage pour l’articuler » et « La pensée prend sa forme dans le langage ») rien n’est ni faux ni vrai. Tant et aussi longtemps que le sens de « articuler » et « se forme » n’est pas précisé, il est impossible de comprendre exactement ce qui est en jeu dans ces deux phrases. D’ailleurs, le sens de « langage » n’est pas plus clair ici. S’agit-il de la faculté humaine de communication (le langage au sens de Saussure) ? Du type de convention par laquelle la communication humaine s’exprime (l’anglais, le français, etc.) ? S’agit-il de quelque chose plus large (le langage corporel, le langage du théâtre, la parole) ? S’agit-il de la communication en général ? Chacune de ces interprétations implique quelque chose de différent. « Articuler » pourrait vouloir dire communiquer, ou lui donner une forme linguistique particulière, ou encore lui donner un contenu sémantique spécifique, etc. « Prendre forme » pourrait vouloir dire plus de choses encore. Le contexte dans lequel la discussion a eu lieu permet de limiter un peu les possibilités et j’ai l’impression qu’en utilisant ces deux phrases, ma collègue a tenté de défendre une forme de déterminisme linguiste.

Le déterminisme linguistique est la thèse selon laquelle la langue que l’on utilise a un impact sur la manière dont on perçoit le monde. (Une première chose à noter, c’est l’ambiguïté autour de la question de l’utilisation de la langue. Est-ce que je suis influencé uniquement par ma langue maternelle ou par la langue dans laquelle je m’exprime au moment ou je m’exprime ?) Cette thèse est associée aux linguistes Sapir et Worf, et son illustration le plus courante est l’idée (fausse) que parce que les Inuits ont plein de mots pour décrire la neige, ils perçoivent la neige différemment de ceux qui n’ont qu’un mot pour la décrire. S’il est possible, aujourd’hui, de continuer à en défendre une version extrêmement faible, il est impossible d’en défendre la version forte. (Pour une critique de la version forte, vous pouvez aller consulter The Language Hoax, de John McWhorter et The Stuff of Thought de Steven Pinker, pour une présentation de la version faible, je vous suggère Through the Language Glass, de Guy Deutscher).

En gros, le consensus aujourd’hui est que les langues que l’on parle n’ont pratiquement pas d’influence sur la manière dont on perçoit le monde qui nous entoure. Par exemple, si la langue dans laquelle vous communiquez n’a pas de mot pour bleu, rose ou orange (et il y en a plein dans ce cas) vous pouvez quand même percevoir ces couleurs. En revanche, il semble que si la langue dans laquelle vous parlez à un mot pour parler du rose ou du bleu ciel (le russe par exemple) vous pourrez reconnaître un peu plus rapidement (quelque milliseconde) cette couleur. De ce point de vue là, donc, la pensée ne prend pas sa source dans le langage. La pensée s’exprime par le langage, mais la pensée n’est pas réellement influencée de manière significative par le langage.

Peut-être que par « la pensée » ce que ma collègue voulait dire, ce n’était pas vraiment ce que je pense, mais ce que j’exprime. Possible, mais honnêtement, il y a tellement d’interprétation possible que je vais les mettre de côté. D’autant que si c’est effectivement ça qu’elle voulait dire, soit c’est assez trivial comme idée (ça revient simplement à dire que pour m’exprimer j’ai besoin d’un canal de communication), soit ça revient à une forme de déterminisme linguistique parce que ce que j’exprime est influencé par la langue que j’utilise pour l’exprimer. Bref…

Cela dit, il est tout aussi possible que ma collègue n’ait pas voulu défendre une version du déterminisme linguistique, mais, qu’elle ait simplement voulu dire quelque chose d’assez trivial, à savoir que pour exprimer mes pensées, j’ai besoin d’un canal de communication. J’aurais tendance à croire que ce n’est pas le cas ici, car elle s’opposait à ce que j’essayais de dire, et rien dans cette évidence n’est contraire à ce que je disais.

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Mes lectures de l’année (2019)

2019 est maintenant terminé. Alors je me suis dit que je partagerai un récapitulatif de ce que j’ai lu cette année, trié en fonction de mes intérêts du moment. Il ne s’agit ici que des Essais et des romans. Je réserve la liste des BD que j’ai lu pour un autre post.

Mon Top 10 de l’année. Les livres qui m’ont le plus marqué, qui ont changé ma manière d’aborder un sujet, qui m’ont fait découvrir quelque chose qui je ne connaissais pas, et ceux sur lesquels je vais certainement revenir au cours des prochaines années :
The Invention of Science: The Scientific Revolution from 1500 to 1750, by David Wootton
Dans la tête de Xi Jinping, de François Bougon
The Language Hoax: Why the World Looks the Same in Any Language, by John McWhorter
Against the Grain: A Deep History of the Earliest States, by J. Scott
Metaphors We Live By, by G. Lakoff and M. Johnson
The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas are Setting Up a Generation for Failures, by G. Lukianoff and J. Haidt
Global Inequality, by Branko Milanovic
Escape from Rome: The Failure of Empire and the Road to Prosperity, by Walter Scheidel
L’enquête, Livres I à IV, de Hérodote
The Orchid and the Dandelion: Why Some Children Struggle and How All Can Thrive, by W. Thomas Boyce

Romans :
Educated, by Tara Westover
A Fool and Forty Acres : Conjuring a Vineyard Three Thousand Miles from Burgundy, by Geoff Heinricks
L’idiot, Tome 1, de F. Dostoïevsky
Ancillary Justice, by Ann Leckie
Ancillary Sword, by Ann Leckie
La tresse, de Laetitia Colombani

Inégalité :
Global Inequality, by Branko Milanovic
Inequality: What Can be Done ?, by Anthony Atkinson
The Spirit Level : Why Greater Equality Makes Societies Stronger, by R. Wilkinson and K. Pickett
Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes, de J.-J. Rousseau
Cette liste est la fin d’un programme de lecture plus large entamé en 2018 qui contenait aussi :
Automating Inequality, by Virginia Eubanks
Debt: The First 5,000 Years, by David Graeber
Hierarchy in the Forest: The Evolution of Egalitarian Behavior, by Chris Boehm
The Creation of Inequality, by K. Flannery and J. Marcus
The Great Leveler: Violence and the History of Inequality from the Stone Age to the Twenty First Century, by Walter Scheidel

Education-Pedagogie:
The Ingredients for Great Teaching, by Pedro De Bruyckere
You Can Do Anything: The Surprising Powers of a Useless Liberal Arts Education, by George Anders
Life Beyond Grades: Designing College Courses to Promote Intrinsic Motivation, by M. Covington
Learning to Learn: How to Succeed in School Without Spending All Your Time Studying, by Barbara Oakley
The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas are Setting Up a Generation for Failures, by G. Lukianoff and J. Haidt
Think Again: How to Reason and Argue, by W. Sinnott-Armstrong

Langage:
Metaphors We Live By, by G. Lakoff and M. Johnson
What Language Is: And What It Isn’t and What It Could Be, by John McWhorter
The Language Instinct: How the Mind Creates Language, by Steven Pinker
How Language Began: The Story of Humanity’s Greatest Invention, by Daniel Everett
Through the Language Glass: Why the World Looks Different in Other Languages, by Guy Deutscher
The Language Hoax: Why the World Looks the Same in Any Language, by John McWhorter
The Language Myth, by Vyvyan Evans
The Talking Ape: How Language Evolved, by Robbins Burling
The Unfolding of Language: An evolutionary tour of mankind’s greatest invention, by Guy Deutscher
Cette liste fait parti d’un programme de lecture plus large qui se poursuivra en 2020.

Histoire et littérature de l’antiquité:
The Horse, The Wheel and Language: How Bronze-Age Riders from the Eurasian Step Shaped the Modern World, by David Anthony
A History of the Ancient Near East, by M. Van De Mieroop
Against the Grain: A Deep History of the Earliest States, by J. Scott
1177 B.C.: The Year Civilization Collapsed, by Eric H. Cline
L’enquête, Livres I à IV, de Hérodote
Histoire de l’Égypte pharaonique: Le temps des rois-dieux, de Claire Lalouette
The Tale of Sinuhe and other Egyptian Poems 1940-1640 BC., translation by R. B. Parkinson
L’apologie de Socrate, de Platon
Criton, de Platon
Escape from Rome: The Failure of Empire and the Road to Prosperity, by Walter Scheidel
Myths from Mesopotamia: Creation, The Flood, Gilgamesh and Others, translation by Stephanie Dalley
Socrate, de Louis André Dorion
Cette liste est la suite d’un programme de lecture plus large qui se poursuivra en 2020 et qui avait été entamé en 2018. Il contenait aussi :
Who We Are and How We Got Here: Ancient DNA and the New Science of the Human Past, by David Reich
The Rise and Fall of Ancient Egypt, by Toby Wilkinson

Psychologie:
The Orchid and the Dandelion: Why Some Children Struggle and How All Can Thrive, by W. Thomas Boyce
The Happiness Hypothesis: Finding Modern Truth in Ancient Wisdom, by J. Haidt
The Power of Character Strenghs: Appreciate and Ignite Your Positive Personnality, by R. Niemic and R. McGrath
Aphantasia: Experiences, Perceptions, and Insights, by Alan Kendle
The Storytelling Animal: How Stories Make Us Human, by J. Gottschall

La Révolution Scientifique:
The Scientific Revolution, by Steven Shapin
The Invention of Science: The Scientific Revolution from 1500 to 1750, by David Wootton
The Cheese and the Worms: The Cosmos of a Sixteenth Century Miller, by C. Ginzburg

Divers :
In Defense of Food: The Myth of Nutrition and the Pleasures of Eating, by Michael Pollan
Doing Philosophy: From Common Curiosity to Logical Reasoning, by Timothy Williamson
Aspects du Mythe, de Mircea Eliade
Capitalism, Alone, by Branko Milanovic
Dans la tête de Xi Jinping, de François Bougon
Range: Why Generalist Triumph in a Specialized World, by David Epstein